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    Le ver marin : futur transporteur d’oxygène pour les greffes

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    Le 14 novembre 2017, Le CHRU de Brest et Hemarina ont annoncé les résultats positifs de leur première étude clinique sur un transporteur d’oxygène (HEMO2life).

    L’arénicole, un ver qui va faire progresser la médecine.

    L’arénicole vit sur l’estran, zone du littoral qui est recouverte lors des marées hautes et qui est découverte lors des marées basses. Ce ver marin vit donc 6h sous l’eau et 6h au sec, ce qui signifie qu’il passe la moitié de son temps en apnée. Ce multicellulaire a un système circulatoire : il possède un cœur mais pas de cerveau. Il respire sous l’eau à marée haute et utilise l’oxygène qu’il y a stocké pour respirer durant la marée basse. Le Dr. Franck Zal s’est intéressé à ce ver et tout particulièrement, à sa façon de s’oxygéner. En effet, il a découvert que l’hémoglobine de cet invertébré possède des propriétés exceptionnelles.

    Hemarina, start-up bretonne qui développe les futurs transporteurs d’oxygène universels.

    Hemarina est une entreprise bretonne de biotechnologies fondée en 2007 par le Dr. Franck Zal qui développe des transporteurs d’oxygène universels d’origine marine pour des applications thérapeutiques. L’objectif du Dr.Zal est d’extraire le sang du ver. En effet, c’est de là que vient sa particularité dans les moyens utilisés pour s’oxygéner. Ils ont découvert que l’hémoglobine du ver était universelle (O+) et que le ver avait cette singularité de ne pas posséder de globules rouges. Cela explique son universalité, ainsi il n’y a pas de problème de compatibilité. Les hémoglobines de l’arénicole donnent donc une utilisation très variée. De plus, le sang du ver marin est plus performant et peut être déshydraté. Cela signifie que le sang peut se garder en poudre pendant plusieurs années comparées aux poches de sang qui se gardent environ 40 jours.

    Une avancée dans le monde de la greffe.

    Actuellement, lors d’une greffe, le greffon est gardé dans des conditions particulières. Ils se passent quelques heures entre le prélèvement et la greffe. Cela fait souffrir le greffon et peut causer, dans 20% des cas, la perte du greffon. Le manque d’oxygène est la cause majeure de la souffrance du greffon. On cherche donc à l’oxygéner au maximum. Le pouvoir oxygénant du ver marin est alors une promesse pour l’avenir. C’est la propriété du ver arénicole à dégager de l’oxygène que les médecins veulent utiliser pour apporter de l’oxygène aux greffons.

    Des études pré-cliniques ont été testées chez l’animal et se sont révélées positives. Après différentes greffes sur le porc, il s’est avéré que les biopsies du greffon 3 mois après la transplantation avaient de meilleurs résultats. Le greffon était plus beau et avait moins souffert.

    Suite à cela, un essai clinique a été réalisé sur 60 patients sur des greffes de rein, piloté par le Pr. Yannick Le Meur, chef du service de Néphrologie et Transplantation Rénale du CHRU de Brest.

    Le succès de l’essai clinique OxyOp

    L’étude multicentrique OxyOp a présenté ses premiers résultats et a atteint son objectif principal. Elle a permis de démontrer la sécurité du transporteur d’oxygène HEMO2life. Trois mois après avoir effectué une greffe de reins chez 60 patients, les résultats ont démontré aucun décès, aucune perte de greffon liée au produit, aucun évènement indésirable majeur et aucun effet immunologique. Hemarina souhaite déposer un dossier pour HEMO2life en tant qu’additif aux solutions de conservation du greffon avant la transplantation pour mettre cette innovation à la disposition des patients et des cliniciens.

    Après ces résultats positifs, l’arénicole va permettre une large utilisation clinique. Elle pourrait permettre de développer un produit de substitution au sang humain. Un autre projet verra bientôt le jour sur l’utilisation des transporteurs d’oxygène pour permettre la colonisation de biomatériaux de type os et cartilage. Enfin, l’hémoglobine du ver marin pourrait permettre la fabrication de pansement « oxygénant ».

    Sources :

    https://www.ladepeche.fr/article/2017/11/15/2685078-greffe-succes-essai-clinique-molecule-issue-ver-marin.html

    https://www.chu-brest.fr/fr/recherche-universite/nos-travaux-recherche/arenicole

    http://www.hemarina.com/index.php?rub=actualites

    https://www.france.tv/france-3/thalassa/41249-un-ver-surdoue.html

     

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