Accueil Santé publique Suicide chez les adolescents

Suicide chez les adolescents

2

Phénomène plus meurtrier que les accidents de la route, le Suicide. En France, on n’en dénombre pas moins de 10 000 suicides par an, soit 25 décès par jour. Cependant, les tentatives de suicide sont vingt fois plus nombreuses que le nombre de suicide. Mais ceux-ci sont pratiquement impossibles à calculer et touchent principalement les jeunes filles entre 15 et 20 ans. Ici, on va s’intéresser en particulier aux adolescents.

Le Suicide chez les adolescents en France

En France, on dénombre 1 000 décès par an pour 80 000 tentatives de suicide correspondant à  pas moins de 40 % du total des décès chez les moins de 20 ans. Ce qui en fait la 2ème cause de mortalité pour cette classe d’âge.

Mais pourquoi mourir alors qu’ils ne font qu’entamer leur existence ? Les causes sont complexes, multiples et souvent singulières. Cela dépend de chaque individu, un évènement peut être ressenti différemment selon la personne.

Les Raisons

Faible estime de soi, auto-dévalorisation liée à un sentiment d’infériorité, isolement psychologique…, font partis des facteurs déclencheurs. L’adolescence souvent synonyme de changement, de souffrance, de crise identitaire, est un passage obligatoire que certains ne peuvent surmonter. Attention, ce n’est pas  à mettre sur le compte d’une crise d’adolescence. Sûrement pas, ce n’est point une conduite anodine et il ne faut jamais banaliser ce genre d’acte (tentative, scarification…).

Les facteurs de risque principaux sont les difficultés familiales et sentimentales. Vous vous dites sûrement, que ce sont les aléas de la vie, qu’on y passe tous. Eh bien, oui et non, comme  dit précédemment, chacun réagit d’une manière différente : se réfugier dans la nourriture (ou privation de nourriture), se scarifier, faire du sport, écouter de la musique…

Les relations familiales jouent un rôle important dans le bien-être des jeunes. Les disputes, les conflits incessants, les divorces…, peuvent nuire à cela et causer des souffrances psychologiques et des carences affectives s’il y a un manque de communication entre les parents et le jeune. Un adolescent sur dix a le sentiment de ne pas pouvoir compter sur leurs familles ou bien de ne pas compter pour eux. Les difficultés sentimentales : amour déçu, complexe d’infériorité, perte d’une personne aimée peuvent provoquer un isolement affectif et une faible estime de soi.

La souffrance perçue par ces jeunes est difficile à exprimer. L’expression de cette souffrance se fait principalement au travers de conduites dangereuses et impulsives. Une pathologie psychiatrique sous-jacente (dépression, trouble sévère de la personnalité) peut favoriser le passage à l’acte pour 20 % des tentatives.

On constate que ce mal-être grandit avec l’âge.

Les réseaux sociaux et l’école en cause ?

Quasiment tous les adolescents sont inscrits sur un réseau social. De là, on peut se demander si ces réseaux peuvent pousser certains à l’acte fatidique. Eh bien oui, le harcèlement sur les réseaux sociaux est un facteur aggravant. Le risque de passage à l’acte est multiplié par 3. D’après l’analyse du rapport sur le suicide chez les adolescents, “la mise en scène de soi sur ces réseaux est à l’origine d’un besoin de reconnaissance qui semble être sans limite tant il est amplifié par la technique elle-même de la valorisation personnelle par ces liens numérique”.

L’école aussi est un facteur. Notamment dû au harcèlement scolaire. Les experts de l’Unicef disent que : “comme si les enfants et adolescents fragilisés à l’extérieur de l’école devenaient la cible privilégiée vers laquelle se tournent les autres enfants et adolescents dans l’enceinte scolaire pour y exercer leur domination”. L’école, un climat propice au stress. Un adolescent sur deux déclare être parfois angoissé à l’idée de ne pas réussir assez bien à l’école.

Y a-t-il une différence entre les filles et les garçons ?

De règle générale, le suicide est plus présent chez les jeunes filles. Néanmoins les garçons représentent trois quarts des décès de ce type. Mais pourquoi y a-t-il une  différence entre sexes ? Tout d’abord, les filles sont plus nombreuses à faire des tentatives de suicide sans forcément aller jusqu’au bout contrairement aux garçons qui vont jusqu’à la mort.

De plus, les garçons vont être plutôt amenés à faire des actes antisociaux, du type vandalisme. Les filles, quant à elles, vont davantage se faire violence en se scarifiant, en prenant des cachets ou bien en fuguant.

Et en matière de moyen pour y arriver ? Là aussi on remarque une différence. Une fille va préférer le suicide via les médicaments, alors que le garçon va plutôt se diriger vers la pendaison.

Entre Mythe et Réalité

Le Suicide n’échappe pas à la règle des idées reçues.

“La personne qui en parle ne le fait pas”. Cela est évidemment faux car près de 75 % des suicidés en avaient parlé à leur entourage, de manière directe ou indirecte. Il ne faut donc pas prendre ce genre de parole à la légère. Et ne surtout pas dire “tu n’es même pas cap”, cela pourrait pousser la personne à passer à l’acte.

“Une personne suicidaire veut réellement mourir”. A vrai dire, pas exactement. La personne voulant se suicider ne veut pas réellement mourir mais plutôt arrêter de souffrir. Pour elles la seule façon de ne plus souffrir est de mourir. Comme l’a dit George Perros “Le suicide, ce n’est pas vouloir mourir, c’est vouloir disparaître”.

“Il faut être courageux ou lâche pour se suicider”. Beaucoup, de personne pensent que c’est un acte de lâcheté. Or, ce n’est pas par choix mais par dépit qu’une personne se suicide. La personne suicidaire voit la mort comme une délivrance. Pour elle, c’est seule solution pour être libérée de toute sa souffrance.

Prévention

Il existe de nombreuses campagnes de prévention sur le suicide.

Les adolescents ne veulent pas toujours se confier à un proche par peur de leurs réactions. C’est pour cela, qu’il existe des numéros anonymes afin de les écouter et de les aider. En voici quelques-uns.

Pour les Urgence : SAMU (15), Police secours (17), Pompiers (18) et Urgence (112)

Chaque année depuis 1997, l’UNPS (Union National Prévention Suicide) organise une journée nationale sur le thème du suicide. En 2017, elle a eu lieu le 2 février autour du thème : Relier, communiquer, prendre soin en prévention du suicide. Et cette année, ce sera sur le thème : Acteurs visibles et invisibles de la prévention du suicide.

Quelques chiffres clés (tout âge confondu)

Infographie sur le suicide indisponible

Pour plus de renseignement, n’hésitez pas à suivre les liens de la partie Prévention et les suivants :

Conduites-Suicidaires

FranceTVinfo

InfoSuicide

Libération

Sante-Médecine

2 COMMENTAIRES

  1. Le premier numéro indiqué en 08 92… est surtaxé ! (0.33 cts/min).
    Préférez un service gratuit et une écoute 24H/24 qui préserve l’anonymat comme SOS Amitié.

Laisser un commentaire