Depuis le mois de mars je réalise un stage au sein de SEPIA-Santé, un bureau d’études en épidémiologie, statistique et santé-environnement, basé à Baud (Morbihan, Bretagne). Ce stage s’effectue dans le cadre de la Licence Professionnelle Statistique et Informatique pour la Santé de l’IUT de Vannes.

SEPIA-Santé

logo

SEPIA-Santé est un bureau indépendant créé en 1997 par le Docteur Claire Ségala. L’équipe, composée de six membres, est en charge de la réalisation d’études épidémiologiques, de travaux statistiques et cartographiques, d’études en santé environnementale et d’enquêtes pour de nombreux partenaires et clients.

Etude SART

Durant ce stage de 5 mois, je participe à la réalisation des analyses statistiques de l’étude SART. Il s’agit d’une étude épidémiologique de symptômes déclarés à proximité des antennes relais de téléphonie mobile.

Ces antennes, comme beaucoup d’autres objets faisant aujourd’hui partie de notre quotidien, émettent des champs électromagnétiques (ondes crées dès lors que deux charges électriques sont en mouvement). Dans le cas de la téléphonie mobile on parle de radiofréquences, puisque la fréquence des ondes émises est de l’ordre du gigahertz . Avec l’intensification de l’utilisation de ces technologies, on voit aujourd’hui apparaître une certaine défiance de la population. Les villes de Paris et Bruxelles ont d’ailleurs choisi de limiter l’exposition de leurs habitants.

A l’heure actuelle les champs électromagnétiques émis par la téléphonie mobile sont classés par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « cancérogènes possibles pour l’homme ». Cette décision a été prise en 2011, au regard des résultats de l’étude INTERPHONE, qui établissait une plus forte incidence de gliome chez les utilisateurs intensifs du téléphone portable. Cette étude a depuis été critiquée à cause des biais qu’elle présentait. Alors que depuis, les publications concernant l’effet des ondes électromagnétique sur la santé se multiplient et établissent des résultats contradictoires, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a proposé un axe de recherche sur cette problématique. C’est SEPIA-Santé qui a été sélectionné pour réaliser une étude observationnelle visant à améliorer les connaissances sur la survenue de symptômes non spécifiques (maux de tête, troubles du sommeil, etc.) et le lien avec l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais.

 L’étude s’est déroulée de juin 2015 à 2017 sur cinq sites (Angers, Antony, Lille, Lyon et Paris) sélectionnés pour leur forte exposition aux ondes des antennes relais. Les participants à l’étude devaient répondre à un questionnaire (basé essentiellement sur leur santé et leur attitude vis-à-vis de l’environnement) et réaliser un rendez-vous avec un technicien afin de mesurer l’exposition de leur domicile. Ils pouvaient également participer à un suivi de 48 heures, cette partie de l’étude a été traitée par Sophie, également étudiante en LP SIS.

Missions

Mon rôle au cours de ces semaines passées à SEPIA-Santé a été de gérer les données recueillies (j’ai notamment créé une table de données finale, regroupant les différents questionnaires remplis) et mettre en œuvre les analyses prévues dans le plan d’analyse statistique du protocole de l’étude. Dans ce protocole différents objectifs étaient à remplir :

  • L’analyse descriptive des données démographiques ;
  • L’analyse descriptive des données de perception des risques, connaissances et attitudes ;
  • La création d’une typologie d’attitudes par rapport à l’environnement ;
  • L’analyse descriptive des données de santé ;
  • La création de scores de santé ;
  • L’analyse descriptive des expositions aux ondes électromagnétiques ;
  • L’étude des relations entre niveaux d’exposition mesurés aux antennes-relais et les scores symptômes et troubles du sommeil.

Afin de mener à bien ces missions j’ai utilisé les logiciels  R et SAS. J’ai également lu différentes publications sur le thème de l’hypersensibilité électromagnétique pour les besoins de l’étude. La réalisation de l’objectif concernant les liens entre l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais et la survenue de symptômes est pour l’instant en cours.

Yseulys


Lexique :

  • L’hypersensibilité électromagnétique « est caractérisée par divers symptômes, que les individus touchés attribuent à l’exposition aux champs électromagnétiques. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs) ».  – OMS

 

  • Un gliome est « une tumeur du système nerveux issue du tissu glial, c’est-à-dire du tissu de soutien des neurones ». sante-medecine.journaldesfemmes.com

Sources : 

  • ANSES
  • Le Monde
  • OMS
  • Science et Avenir

Laisser un commentaire