La dengue ou grippe tropicale, une infection virale transmise par les moustiques, est une maladie qui est aujourd’hui considérée comme ré-émergente.

D’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) « l’incidence* mondiale de cette maladie a progressé  de manière spectaculaire au cours des dernières décennies. Désormais, la moitié de la population mondiale environ est exposée au risque. »

Si cette maladie était présente initialement dans les zones tropicales et subtropicales du monde , elle a aujourd’hui commencé à toucher l’Europe. D’après l’institut Pasteur:

« le risque de propagation sera réel si des personnes infectées arrivent en France métropolitaine ».

Des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et au Cambodge et du CNRS ont prouvé d’après l’étude Asymptomatic humans transmit dengue virus to mosquitoes que les personnes infectées par le virus de la Dengue,  et surtout asymptomatiques, peuvent infecter les moustiques qui les piquent.

La Dengue, transmission et symptômes

Le virus se transmet à l’homme par la piqûre des femelles moustiques, elles même infectées par le virus. Il existe deux formes de dengue:

  • La dengue classique. L’infection provoque un syndrome de type grippal qui se manifeste par l’apparition de fièvre, de maux de tête, de douleurs articulaires, de nausées et d’une éruption cutanée. La dengue classique est invalidante mais elle n’est pas une maladie sévère comme l’est la dengue hémorragique.
  • La dengue hémorragique est une évolution de la forme classique. Elle se caractérise par la persistance de la fièvre puis l’apparition d’hémorragies multiples. Elle représente environ 1% des cas de dengue dans le monde.

Sur 390 millions de personnes infectées chaque année dans le monde, 75% des infectés sont considérés comme asymptomatique, c’est à dire qu’ils ne présentent pas de signes cliniques assez sévère permettant de les identifier comme contaminés par la Dengue.

Focus sur les personnes infectées asymptomatiques.

Jusqu’à maintenant, les personnes atteintes asymptomatiques étaient considérées comme des hôtes terminaux pour la propagation de la maladie, leur virémie ( présence de virus dans le sang ) étant supposée insuffisante pour infecter des moustiques qui les piqueraient.

L’étude citée précédemment, menée au Cambodge, a été réalisée sur un échantillon de personnes infectées par la dengue, d’après un bilan sanguin, mais ne présentant aucun symptôme clinique. Après avoir été mis en présence de moustiques sains élevés en laboratoire, des tests sanguins ont été effectués sur les personnes ainsi qu’une recherche de virus sur les moustiques « cobayes ». Ces recherches ont démontré que:

  • ces moustiques étaient maintenant porteur du virus
  •  ils étaient aussi capable de le transmettre à d’autres êtres humains
  • le niveau de virémie est plus important chez les personnes asymptomatiques que celles diagnostiquées

Une réponse prophylactique possible?

Actuellement, aucun traitement spécifique pour la dengue n’est disponible. Seule une détection précoce et l’accès à des soins médicaux adaptés permettent de ramener les taux de mortalité en dessous de 1%. La lutte contre la propagation de la dengue passe aujourd’hui uniquement par la prévention basée sur des mesures efficaces pour limiter les piqûres de moustiques.

Plusieurs projets de vaccins sont en cours de développement par les industriels qui vont maintenant devoir considérer cette découverte dans leurs projets.

« Ces données devront permettre de reconsidérer la prise en charge précoce des épidémies de dengue. Les estimations du taux de transmission devront également être réajustées pour calculer la couverture vaccinale adéquate des vaccins en cours d’élaboration »  a commenté Veasna Duong, chercheur au sein de l’unité de Virologie, à l’Institut Pasteur du Cambodge.

La découverte de ce vaccin serait une avancée prophylactique majeure, permettant de maîtriser le risque d’épidémies.


*Incidence: En épidémiologie, l’incidence désigne le nombre de cas nouveaux d’une maladie apparus durant une période de temps donnée


Sources:

pnas.org

santelog.com

techno-science.net

institut-pasteur

OMS


 

Image :

un.org

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1 commentaire

  1. Un nouvel article publié le 9Dec2015 indique que le vaccin contre la dengue de Sanofi Pasteur est autorisé au Mexique. Le laboratoire compte déposer le dossier d’enregistrement du Dengvaxia au début 2016 en Europe et au début 2017 aux Etats-Unis.

    http://www.mypharma-editions.com/sanofi-pasteur-son-vaccin-contre-la-dengue-autorise-au-mexique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=Sanofi%20Pasteur:%20son%20vaccin%20contre%20la%20dengue%20autoris%C3%A9%20au%20Mexique,%20Pierre%20Fabre%20lance%20un%20programme%20d%E2%80%99Open%20Innovation

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