En Europe, 80 % des animaux de laboratoire sont des rongeurs et des lapins. Les chiens, chats et singes représentent quant à eux moins de 1% des animaux utilisés dans le cadre d’essai préclinique. L’étude chez l’animal permet d’évaluer l’efficacité et surtout la toxicité d’un produit avant son éventuelle administration chez l’homme, en d’autres termes, l’activité d’une molécule dans des organismes vivants non humains. Cela permet d’acquérir les premières connaissances relatives à une molécule, avant son essai chez l’homme. L’étude chez l’animal est donc une étape cruciale d’un essai clinique mais nous allons tout de même nous interroger, au fil de cet article, sur la question suivante : peut-on se passer des animaux de laboratoire sans pour autant freiner la recherche ?

Un maillon essentiel de l’avancée de la recherche

Les études chez l’animal sont à l’origine de plus de 70 prix Nobel et d’avancées biomédicales du 19ème, 20ème et 21ème siècle.  C’est grâce au lapin que Pasteur a inventé le vaccin contre la rage. Des opérations chirurgicales pour la dégénérescence maculaire (DMLA) ont été réalisées sur des lapins, chats et singes ce qui a permis par la suite de réaliser ces opérations chez l’homme à compter de 1998. Encore plus récemment, les prix Nobel de 2014, May-Britt Moser et Edvard Moser, ont compris comment le cerveau traite l’information spatiale à partir d’études se basant sur des rats. A travers ces exemples, nous pouvons réaliser à quel point la recherche et les tests effectués sur les animaux ont joué un rôle dans les grandes percées médicales des derniers siècles. Cela a permis de sauver bon nombre de vies à travers le monde.

Règlementation

 L’utilisation des animaux de laboratoire n’en reste pas moins réglementée. Ainsi, toutes les études incluant une partie de recherche sur l’animal se doivent d’obtenir une autorisation des organismes de réglementation nationaux. En Europe il est autorisé de réaliser des études sur l’animal uniquement s’il n’existe aucune alternative appropriée. Bon nombre de principes bioéthiques visant à la protection animale naissent également au fil des années. Le plus connu est appelé « la règle des 3 R » :

  • Réduire le nombre d’animaux utilisés pour les expériences
  • Raffiner la méthodologie utilisée, impliquant la notion de points limites (diminution de la douleur et du stress ressentis par l’animal)
  • Remplacer les modèles animaux par d’autres modèles lorsque cela est possible (simulations bioinformatiques, etc.)

Voici une transition toute trouvée pour notre prochaine partie, les alternatives au modèle animal.

Alternatives au modèle animal

Au fil des années, de plus en plus d’essais n’incluant aucun animal voient le jour. Des modèles informatiques sont utilisés par les scientifiques et permettent de déterminer l’action de certains médicaments sur l’organisme. Malheureusement, les ordinateurs peuvent traiter uniquement les informations connues et, à ce jour, seul le modèle animal nous permet de connaître les effets des nouvelles molécules sur l’organisme. Il s’agirait donc de trouver un moyen informatique qui permette de simuler les fonctions de notre organisme, c’est encore loin d’être le cas. Une autre alternative consiste à utiliser les tissus et cellules d’animaux afin d’étudier la toxicité ou les bénéfices d’un nouveau principe actif. Cependant il reste impossible de connaître les effets d’une molécule sur le système nerveux, mesurer la pression sanguine etc. sans passer par une étude chez l’animal. Les nouvelles solutions doivent donc être testées sur des organismes vivants avant qu’elles puissent être utilisées chez l’homme.

Que deviennent les animaux de laboratoire ?

Les animaux utilisés dans les essais sont, pour la plupart, euthanasiés quand la phase préclinique arrive à son terme. L’association « le Graal » milite depuis 1997 pour la réhabilitation des animaux de laboratoire dans des zoos ou chez des particuliers. Cependant, pour être réhabilité, les animaux doivent respecter certains critères qui sont définis par la loi. Par conséquent, les animaux doivent être en bonne santé, ne pas représenter de danger sanitaire ou comportemental pour les autres animaux, pour l’homme ou pour l’environnement. Le laboratoire doit aussi avoir mis en place des mesures qui permettent leur réhabilitation. Ainsi, chaque année, l’association permet de réhabiliter, dans des zoos ou chez des particuliers, 400 animaux environ.

Dans le cadre d’études cliniques, les animaux restent à ce jour des éléments indispensables de la recherche biologique et médicale. Renoncer à ces derniers reviendrait à reporter ce risque sur l’être humain.

 

https://lejournal.cnrs.fr/articles/peut-se-passer-des-modeles-animaux

https://www.pharmacorama.com/pharmacologie/medicaments-generalite/etapes-etude-medicament/etude-animal-etude-preclinique/

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gle_des_3_R

https://www.recherche-animale.org/la-recherche-et-votre-sante/la-recherche-animale-et-les-avancees-medicales

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