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    La maladie de Lyme en France

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    La Borréliose de Lyme, plus communément appelée maladie de Lyme, est une maladie à transmission vectorielle. Le pathogène, la bactérie Borrelia, infecte un vecteur : la tique (Ixodes dammini). Ensuite, en raison de la compétence vectorielle de Borrelia, lorsqu’un mammifère hôte (l’Homme par exemple) se fait piquer par une tique infectée, il contracte la maladie de Lyme. Afin de se développer, la tique s’est nourrie tour-à-tour du sang de plusieurs hôtes, qui sont souvent plus petits au début : du type rongeurs ou cervidés, puis plus gros ensuite : du type mammifères.

    Maladie vectorielle : cas de Lyme

    Historique et développement de la maladie

    La première fois que la maladie a eu beaucoup d’effets, c’était aux États-Unis en 1975. Elle s’est ensuite étendue à partir du milieu des années 1980 à l’Europe et à l’Asie. Désormais, c’est “la maladie transmise par les tiques la plus courante de l’hémisphère Nord”. Les individus les plus à risque sont ceux pratiquant la randonnée ou vivant dans des zones rurales. En effet, les tiques vivent principalement dans les forêts feuillues, les prairies et les sous-bois. Après la piqûre par une tique infectée, la personne ressent de nombreux symptômes, parmi lesquels on retrouve la fièvre, les frissons, les maux de tête, la fatigue ainsi que les douleurs musculaires et articulaires. La maladie peut mettre jusqu’à deux ans avant de se manifester et entraîner, à la longue si elle n’est pas encore prise en charge, des problèmes plus graves de type cardiaque ou atteignant le système nerveux central. Dans la majorité des cas, le traitement par antibiothérapie est efficace.

    Données sur la maladie de Lyme en France

    D’après l’InVS, “le taux d’incidence* annuel national de la borréliose de Lyme a été estimé lors des deux études réalisées par le réseau Sentinelles en 1988-89 et 1999-2000 respectivement à 16,5 et 9,4/100 000”.

    Depuis 2009, on surveille chaque année le taux d’incidence de la maladie de Lyme en France. Pour cela, chaque année entre 0.5% et 0.7% de médecins généralistes Français participent à l’étude en rapportant à l’InVS les cas rencontrés. Cette participation est faible pour affirmer la représentativité certaine de l’étude. Les taux d’incidence calculés ont possiblement été un peu sous-estimés. Entre 2009 et 2015, le taux d’incidence de la maladie a fluctué selon les années entre 41 et 55 nouveaux cas pour 100 000 personnes. En 2016, une augmentation significative a été enregistrée avec 84 nouveaux cas pour 100 000 personnes. Au fil de ces années, plus de 9 cas détectés sur 10 possédaient un érythème migrant, c’est-à-dire une sorte de tâche rouge qui s’étend autour de la piqûre de tique.

    *Taux d’incidence : d’après la définition de l’Insee, “il  rapporte le nombre de nouveaux cas d’une pathologie observée pendant une période donnée – population incidente – à la population dont sont issus les cas (pendant cette même période) – population cible -. Il est un des critères les plus importants pour évaluer la fréquence et la vitesse d’apparition d’une pathologie”.

    Données régionales et départementales sur la maladie de Lyme en France

    Afin d’avoir une vision globale de la répartition du taux d’incidence en France récemment, il est conseillé de consulter la carte de l’InVS sur la répartition du taux d’incidence de la maladie par région en 2016, et celle par département entre 2000 et 2012.

    Des études plus précises ont été menées.

    Entre 2001 et 2012, les cellules de l’InVS en région (CIRE) ont mené cinq études dans cinq régions différentes. Cette fois-ci, entre 7% et 16% de médecins généralistes étaient sollicités, ce qui augmente la représentativité des résultats. Ces études duraient chacune vingt-quatre mois et étaient destinées à comparer les taux d’incidence dans les régions Alsace, Limousin, Rhône-Alpes, Franche-Comté et Aquitaine.  Le taux d’incidence le plus élevé a été estimé dans la région Alsace entre 180 et 232 cas pour 100 000, viennent ensuite la région Rhône-Alpes, la région Limousin et la région Franche-Comté. Le taux d’incidence la plus faible a été observé en Aquitaine entre 2010 et 2012, avec entre 11 et 24 nouveaux cas estimés pour 100 000 personnes.

    Entre 1989 et 2003, des études ont été réalisées sur la séroprévalence** à la Borréliose de Lyme dans les régions Ouest (Pays de Loire, Bretagne, Basse-Normandie et Poitou-Charentes), Berry, Île-de-France et Grand-Est (Alsace, Lorraine, Franche-Comté, Bourgogne, Champagne-Ardenne). Les populations d’étude étaient très restreintes : forestiers, affiliation MSA (Mutualité Sociale Agricole), chasseurs ou encore les donneurs de sang et les administratifs (pour avoir une référence à laquelle se reporter). Il en résulte que les forestiers du Grand Ouest ainsi que les bûcherons d’Alsace-Lorraine ont une séroprévalence élevée. De même, dans tous les cas, les personnes travaillant dans les milieux à risque (forêts, champs, prairies…) ont un taux de séroprévalence haut, compris entre 14% et 22%. Ce taux est bien plus faible pour la population générale, c’est-à-dire quand on observe les résultats pour les donneurs de sang ou le personnel administratif. En effet, il est d’environ 3.5% pour ces populations.

    **Séroprévalence : d’après la définition du dictionnaire médical en ligne, c’est “le pourcentage de personnes qui sont séropositives pour [une] maladie [donnée], c’est-à-dire qui présentent suffisamment d’anticorps pour qu’ils puissent être détectés. La séroprévalence (ce pourcentage) varie avec l’âge, le sexe, la parité (nombre d’enfants d’une femme), le lieu géographique … et les études épidémiologiques doivent intégrer ces facteurs pour être exploitables”.

    Si vous êtes intéressés par l’évolution de la Borréliose de Lyme en France par région entre 2009 et 2016, rendez-vous sur le graphe très synthétique et explicite de l’InVS.

     

    Sources :

    Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs387/fr/index10.html, consulté le 28/12/2017

    Société Régionale de Médecine et d’Hygiène du Travail à Montepellier : http://public.srmtm.com/presentations/SRMTM-20160602-1-TransmissionVectorielle.pdf, consulté le 28/12/2017

    Institut National de Veille Sanitaire (InVS) : http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-transmission-vectorielle/Borreliose-de-lyme/Donnees-epidemiologiques, consulté le 28/12/2017

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