Ce virus qui a déjà fait parler de lui dans certains de nos DOM-TOM vient d’arriver pour la première fois en Polynésie française (collectivité d’outre-mer située dans le sud de l’océan Pacifique à environ 6000 kilomètres à l’est de l’Australie) où 15 cas de chikungunya ont été déclarés le vendredi 10 octobre 2014 sur l’île de Tahiti. Il est à noter que ce virus sévit depuis le début d’année et aurait déjà touché plus de 140 000 personnes dans les Antilles et en Guyane et avait été identifié sur une patiente venue de Guadeloupe.

Le chikungunya est une maladie virale transmise par des moustiques comme par exemple le moustique tigre. Cette maladie virale a été décrite pour la première fois en 1952 en Tanzanie.

Le chikungunya est caractérisé par une apparition brutale de fièvre accompagnée d’arthralgies (douleurs articulaires). D’autres signes et symptômes sont à noter telle que des myalgies (douleurs musculaires), céphalées (maux de têtes), fatigue, nausée et éruptions. En ce qui concerne l’arthralgie, elle disparait assez rapidement généralement mais peut persister dans certains cas pendant plusieurs mois ou années. Le virus chikungunya peut comporter des complications oculaires, neurologiques, cardiaques ainsi que des problèmes intestinaux mais ces complications restent peu fréquentes.

Le virus se manifeste généralement dans la semaine qui suit la piqûre mais cette manifestation du virus peut aller jusqu’à environ deux semaines. Il existe plusieurs méthodes pour diagnostiquer la maladie telle que le test ELISA qui permet de confirmer la présence d’anticorps anti-chikungunya. D’autres techniques sont également utilisées pour diagnostiquer la maladie mais leurs sensibilités restent variables.

Le virus est peu mortel mais peut quand même représenter une certaine menace dû aux cas occasionnels de complications. En effet, chez les personnes âgées la maladie peut contribuer au décès de la personne. Les symptômes restent souvent légers chez les personnes et l’infection peut ne pas être détectée ou le diagnostic de l’infection peut être faussé par le fait qu’une maladie appelée la dengue sévit dans les zones concernées.

Le virus chikungunya a maintenant été identifié dans environ une quarantaine de pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et aussi des Amériques où récemment, en Colombie, un premier cas mortel du virus chikungunya a été noté.

Malheureusement, il n’existe pas de médicament spécifique qui permette de guérir du chikungunya, mais un traitement symptomatique existe et a essentiellement pour but d’atténuer certains symptômes, en particulier l’arthralgie qui peut être invalidante.

Il est également à noter que plusieurs flambées épidémiques assez importantes se sont déjà produites. En 1999-2000, une importante flambée s’était produite en République Démocratique du Congo et en 2007 une autre flambée s’était produite au Gabon. C’est à partir de 2005 qu’une importante flambée du virus s’est produite dans les îles de l’Océan indien et un grand nombre des cas importés en Europe avaient été attribués à cette flambée. C’est ensuite en 2006 et 2007 qu’une autre importante flambée de chikungunya s’était produite en Inde. L’Inde ainsi que d’autres nations de l’Asie du Sud-Est auraient signalé près de 1,9 million de cas. C’est en 2007 que la maladie fut enregistrée pour la première fois en Europe lors d’une flambée située dans le Nord-est de l’Italie et au cours de laquelle plus de 190 cas avaient été enregistrés.

Un facteur de risque du virus chikungunya est la présence de sites de reproduction d’un moustique potentiellement porteur du virus proche des lieux d’habitations. Une certaine forme de prévention et de lutte reposent sur une réduction des lieux favorisant la reproduction des moustiques tels que les points d’eau qu’ils soient d’origines naturels ou artificielles. En parallèle, il est possible de pulvériser des insecticides pour tuer les moustiques lors de flambées épidémiques, la vaporisation se faisant dans et autour des lieux où les moustiques se posent mais également en traitant l’eau contenue dans ces lieux afin d’éliminer les larves. Il est vivement recommandé de porter des vêtements couvrant au maximum le corps et d’appliquer un répulsif sur les parties qui restent exposées ou sur les vêtements.

Sources :

http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs327/fr/

http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/09/23/premier-cas-mortel-de-chikungunya-en-colombie_4492943_1651302.html?xtmc=chikungunya&xtcr=1

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/quinze-premiers-cas-endemiques-de-chikungunya-en-polynesie-francaise_1610526.html

 

 

 

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