Les Activités Physiques Adaptées (APA) permettent aux personnes qui en ont besoin de travailler certaines parties physiques de leur corps. Tout ceci est réalisé en tenant compte, et en dépendant de leur état de santé. Les APA ont un but particulier, qui sera appréhendé selon les besoins du patient d’une part, et les attentes de l’enseignant APA d’autre part. En fonction du profil du patient, cinq formes de capacités seront travaillées dans une plus ou moins grande ampleur : la capacité physiologique (en rapport avec l’organisme), la capacité fonctionnelle (en rapport avec les cinq sens et la mobilité), la capacité cognitive (en rapport avec le fonctionnement du cerveau), la capacité émotionnelle (en lien avec l’affect), ainsi que la capacité relationnelle (qui touche à la communication avec autrui). L’APA s’effectue seul ou en groupe. Elle a été reconnue comme moyen thérapeutique non médicamenteux par la Haute Autorité de Santé en 2011.

APA et Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information

Pour chaque spécificité du PMSI, l’intervention des enseignants en APA est différente. En effet, il faut s’adapter à la durée du séjour et à la chronicité de la pathologie. Définissons d’abord ce qu’est le PMSI. Le Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) permet de synthétiser et de standardiser l’activité médicale des établissements de santé. Il a pour but principal d’allouer un budget en fonction de l’activité médicale. Il existe quatre PMSI correspondant à quatre domaines médicaux.

Tout d’abord, le champ Médecine Chirurgie Obstétrique (MCO), qui correspond aux soins hospitaliers de courtes durée ou aux soins des affections graves durant leur phase aiguë.

Ensuite, le champ Soins de Suite et de Réadaptation (SSR), qui correspond aux soins de moyens séjours pour les patients nécessitant un suivi particulier. Les SSR font suite, le plus souvent, à la prise en charge médicale d’une pathologie en phase aiguë.

Par ailleurs, le champ Psychiatrie (Psy), qui traite des pathologies psychiatriques et est très différent des autres PMSI : les séjours sont séparés en temps plein, temps partiel et ambulatoire ; et le tout est sectorisé.

Enfin, le champ Hospitalisation à Domicile (HAD), qui permet aux patients d’avoir un suivi médical conséquent à leur domicile (dont nous ne parlerons pas ici).

L’APA en MCO

En MCO, l’APA a pour but de limiter les effets négatifs subis suite à une intervention chirurgicale ou à un traumatisme. Le patient est accompagné par un éducateur afin de retrouver une activité physique et de remettre son corps en mouvement progressivement. L’enseignant en APA montre au patient les bénéfices sur plusieurs volets que peut lui apporter la pratique d’une activité non sédentaire. Quoiqu’il en soit, l’APA est souvent très bénéfique au patient, puisqu’elle lui permet d’agir plus indépendamment, de reprendre confiance en lui et de retrouver progressivement son autonomie. À plus long terme, on devra décider d’un suivi continu en APA si le patient est suivi en SSR ou d’un programme personnalisé à faire de manière autonome si le patient est apte à rentrer à son domicile.

L’APA en SSR

En SSR, l’APA agit sur trois axes de prise en charge. Premier axe : la rééducation. Celle-ci permet de prévenir ou de réduire « les conséquences fonctionnelles, physiques, cognitives, psychologiques ou sociales de la ou des déficiences ». Deuxième axe : la réadaptation. Celle-ci permet d’améliorer la qualité de vie du patient et de développer ses capacités. Enfin, troisième axe : la réinsertion. Celle-ci est d’ordre sociale et permet au patient de se projeter dans sa vie à la sortie de la rééducation. L’APA contribue alors, en SSR, à réduire les conséquences de la pathologie sur la vie sociale, sur le fonctionnement cognitif et à maintenir un état clinique stable.

L’APA en Psy

En Psy, on retrouve principalement l’APA pour les prises en charge à temps complet ou à temps partiel. Particulièrement pour ce champ du PMSI, l’APA s’inscrit dans un travail d’équipe (réunions entre professionnels de santé et/ou patients), crucial dans ce domaine. Pour les patients hospitalisés à temps plein sur du long terme, l’APA est majoritairement réalisée en groupe. Elle vise à développer l’autonomie des patients ; à interagir avec soi, autrui et l’environnement ; ainsi qu’à « nourrir le projet thérapeutique/éducatif » mis en place par le patient (parfois dans un contrat de soin).

En psychiatrie, deux étapes sont essentielles pour la mise en place de l’APA. D’abord, le patient devra adhérer aux soins et prendre un minimum confiance en l’équipe soignante. Ensuite, celui-ci devra prendre conscience de lui-même, et améliorer les relations avec son propre corps, et avec l’autre. L’APA est une méthode thérapeutique souvent très bénéfique en psychiatrie, permettant aux patients parfois contraints d’être hospitalisés, de redévelopper une estime de soi et de redécouvrir le goût qu’ils avaient au préalable pour les activités sportives. Encore une fois, de manière différente aux autres champs du PMSI, l’APA sera d’autant plus bénéfique aux patients. En effet, elle leur permet de pallier à l’isolement et aux traitements, souvent conséquents, qu’ils doivent prendre.

Sources :

Barbin JM, Camy J, Communal D, Fodimbi M, Perrin C, Vergnault, M. 2015. Référentiel d’activité et de compétences de l’Enseignant en Activité Physique Adaptée. Société Française des Professionnels en Activité Physique Adaptée. Paris : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01217257/document (remerciements à la sfp-apa qui a donné son autorisation pour l’utilisation de ce référentiel)

Hospimedia – Définitions des champs du PMSI : http://www.hospimedia.fr/actualite/mots_cles/

APA Santé – Définition de l’APA : https://www.apa-sante.fr/

5 Commentaires

  1. J’aimerai savoir depuis quand l’APA est un :
    – therapeute
    – un reeducateur (« intervient selon 3 axes et le premier etant la reeducation »)
    Le therapeute par le movement est le « kinesitherapeute »
    Le reeducateur est le « kinesitherapeute » aussi.
    Attention au depassement de champs de competences, l’APA n’a ni la formation pour etre therapeute, ni professionnel de santé, ni reeducateur.

  2. Bonjour,
    Je me permet de reagir mais l’APA est pratiqué par un enseignant ou éducateur. Le profil de l’enseignant n’a pas été traité dans l’article.
    Je pense que vous êtes professionnel de santé vu votre commentaire. Avez-vous des informations supplémentaires sur les profils animant l’APA !?

  3. Le pseudo référentiel auquel vous faites référence dans votre article n’a aucune valeur légale ou règlementaire. Il « auto » octroie des compétences à des professionnels du sport au mépris des textes. Ces professionnels, si talentueux ou agréables soient-ils, ne sont pas des professionnels de santé, n’ont ni la formation, ni les compétences, pour faire de la rééducation. Les kinésithérapeutes sont des professionnels de santé qui sont également éducateurs sportifs. Seuls professionnels à figurer dans le code du sport et le code de la santé publique, ils sont formés et compétents pour faire de l’Activité Physique Adaptée. Cela figure dans leur référentiel de formation, de compétence, d’activité, co-écrit avec le ministère chargé de la santé et le ministère de l’enseignement supérieur, faisant l’objet d’un arrêté ministériel publié au BO santé. Ils sont donc les seuls professionnels pouvant faire Apa et rééducation. Merci de corriger votre article
    Pascale MATHIEU
    Présidente du Conseil National de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes

    • En effet, cet article est basé sur des écrits réalisés par des enseignants en APA, ce qui peut orienter sensiblement le point de vue de celui-ci. Cependant, bien que les enseignants APA n’aient pas été à l’Université de médecine, mais plutôt de sport, cela ne diminue pas leur capacité à aider des personnes dans le besoin. C’est notamment le cas en psychiatrie où cette activité peut apporter un petit plus par rapport à la kinésithérapie et/ou à l’ostéopathie, en tenant compte autant du psychique que du physique. Cet article n’est pas là pour dénigrer les kinésithérapeutes, qui exercent une activité nécessaire à la santé publique, mais pour faire découvrir l’APA et ses bénéfices. Après, chacun est libre d’avoir sa propre opinion !

  4. Tout d’abord merci pour votre intervention et vos precisions. Cependant je rebondis sur le commentaire d’Audrey. Le but de nos articles est de faire découvrir différents sujets sur la santé. En aucun cas le travail des kinésithérapeutes n’est remis en cause dans cette article. N’hésitez pas à continuer d’intervenir pour exprimer votre opinion.

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