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L’accouchement à domicile

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L’accouchement à domicile est la règle sur la planète. Plus de 90% des naissances dans le monde s’effectue effectivement au domicile de la mère. Mais ce taux est complètement variable selon la culture et le développement des pays. En effet, les pays les plus défavorisé et ayant également les taux d’accroissement les plus élevés pratiquent l’AAD de façon quasi-automatique.

Plus de 90% des naissances dans le monde s’effectue effectivement au domicile de la mère

Les pays les plus développés ont le rapport inverse vis-à-vis de cette pratique. En Europe, la plupart des pays ont un taux d’AAD proche de 5%, bien que certains pays (notamment en Europe du nord) certains pays ont une véritable tradition dans ce domaine. Les naissances à domicile aux Pays-Bas représentent par exemple près de 30% des naissances totales du pays. A contrario en France et en Angleterre cette pratique reste très marginale atteignant difficilement 1% des naissances.

RECOMMANDATIONS DU NICE

acc_naturelAlors que l’on pourrait être tenté de penser que l’abaissement du taux d’accouchement à domicile est un signe tangible de développement humain et médical d’un pays, le NICE (National Institute for Heath and Care Excellence), un institut reconnu en Angleterre édictant les recommandations de bonne pratique médicale outre-Manche, a des préconisations bien surprenantes sur ce sujet.
En effet, Le NICE demande aux femmes si les conditions sont réunies d’éviter l’hospitalisation. Bien évidemment ses AAD se doivent d’être des plus encadrés par le corps médical (en occurrence une sage-femme expérimentée) et ne pouvant être proposé aux femmes à risque (plus de 35 ans, surpoids ou obésité, hypertension…) ou à toutes celles qui seraient très éloigné d’un hôpital en cas de complications évidentes. De plus, selon cette institut (l’équivalant de la Haute Autorité de Santé en France) ce modèle d’accouchement devrait vraiment être valorisé pour les femmes ayant déjà eu un enfant.

MOTIVATIONS SOCIALES ET ECONOMIQUES

Si le NICE veut revaloriser outre-Manche cette pratique d’accouchement c’est pour différentes raisons.

D’abord, des motivations propres à la mère :

  •  le besoin pour les femmes de se sentir en confiance et dans l’intimité pour « travailler » en paix, de pouvoir se déplacer, s’alimenter et choisir les positions d’accouchement qui leur conviennent, éventuellement dans l’eau.
  • l’absence quasi-systématique d’interventions de type touchers vaginaux répétés, perçage de la poche des eaux, épisiotomie, perfusion d’ocytociques, monitoring en continu ou intermittent mais trop long et fréquent, ou expression abdominale. Chaque geste étant discuté avant l’accouchement (avantages, risques). Pendant l’accouchement, les gestes proposés sont justifiés selon les circonstances et approuvés par la femme.
  • une naissance non-violente pour l’enfant, selon les critères établis par les parents : la lumière est tamisée, le cordon est coupé lorsqu’il ne bat plus, l’enfant est maintenu contre sa mère en peau à peau, il n’est pas immédiatement lavé ni aspiré.
  • un suivi post-partum à domicile en famille favorisant le repos, le bien-être des autres enfants, la participation du père, et une plus faible occurrence de la dépression post-partum, le lien mère-enfant ayant été préservé et encouragé au maximum.

Ensuite des motivations purement médicales :

  •  Un risque d’interventions, comme de recours aux forceps ou à la péridurale plus bas qu’en hospitalisation classique.
Une motivation économique ?

Mais ce qui motive surtout les prescriptions du NICE sont avant tout économique. En effet, en France par exemple un accouchement à domicile coûterait près de 3 fois moins que dans une structure classique (autour de 950 euros contre 2650 euros). L’économie par cette méthode en Angleterre, elle serait de près de 600 livres par femme choisissant l’AAD à l’hospitalisation.



Si l’Angleterre à l’instar des Pays-Bas possédait un taux d’AAD de 30%, rapportée aux 700 000 naissances annuelle du pays, pourrait atteindre les 121,8 millions de livres. En France avec ce même objectif de 30%, en tenant compte des 820 000 naissances annuelles en France et de l’économie de 1700 euros réalisée lors d’une AAD sur une hospitalisation, au niveau national le gain pourrait avoisiner les 404 millions d’euros !

QUESTIONS ÉLUDÉS

Toutefois, si toutes ces raisons valorisées par le NICE peuvent laisser penser que dans les pays développés un retour de l’accouchement à domicile est finalement légitime, tout ceci ne serait pas sans éluder quelques questions.

Effectivement avec cette pratique :

  1. Quid de la mortalité infantile avec l’AAD (elle serait selon certaines études doublé par rapport à un accouchement hospitalisé) ?
  2. Quid de l’égalité de traitement des mères dans cette pratique (notamment géographique) ?
  3. Quid de la gestion de la douleur ?

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accouchement_assist

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon02231

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/12/08/23144-royaume-uni-veut-moins-daccouchements-lhopital

2 COMMENTAIRES

  1. Quelle démarche faut il entreprendre pour pouvoir accoucher à domicile ? Il y a t-il des facteurs interdisant d’accoucher chez soi ? C’est une expérience qui me plairait d’avantage par rapport à l’hopital (phobique) … Il y a t-il des associations pour pouvoir en parler et échanger ?

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