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La quasi-totalité des Français favorables à l’euthanasie

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L’euthanasie, du grec ancien « eu » (bon) et « thanatos » (mort), désigne une pratique médicale qui consiste à provoquer intentionnellement la mort d’un patient afin de soulager ses souffrances physiques et/ou morales considérées comme insupportables. L’euthanasie est aussi appelé « suicide médicalement assisté ».

  • La législation en France

Pour l’instant la législation sur l’euthanasie en France est encadrée principalement par deux lois : la  loi de 2002 sur le droit des malades et la loi Leonetti du 22 Avril 2005 relative aux droits des patients en fin de vie. L’idée générale est de favoriser les soins palliatifs, d’interdire  l’euthanasie et d’empêcher le médecin de pratiquer une obstination déraisonnable dans le soin des malades en fin de vie. Un équilibre est ainsi recherché entre le fait d’éviter des souffrances jugées inutiles à un patient que l’on estime vouer à la mort, et celui de le maintenir en vie.

  • Une future réforme ?

Lors des élections présidentielles en 2012, François Hollande a promis à plusieurs reprises “une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité”. Ainsi une récente enquête montre que 96 pourcents des français, y compris les médecins, sont favorables à l’euthanasie.

Cette relance du débat sur la légalisation de l’euthanasie a été ravivée par l’histoire de Chantal Sébire.

  • L’affaire Chantal Sébire

Chantal Sébire, enseignante, était atteinte d’une tumeur très rare des sinus et de la cloison nasale. La tumeur prenant des proportions insupportable, sans rémission possible, Chantal Sébire a écrit au président de la république, Nicolas Sarkozy, pour lui réclamer le droit de mourir en toute dignité. L’enseignante a ainsi lancé un appel relayé par les médias du monde entier, mais en vain. Elle s’est battue, non pas seulement pour elle-même mais surtout pour faire réagir et aider dans le futur les personnes malades voulant mourir avec dignité comme elle.

Après le rejet de sa demande par la justice française, Chantal Sébire a été finalement retrouvé morte à son domicile, après une overdose de barbiturique.

  • Quelles seront les conditions?

Pour une éventuelle loi encadrant l’euthanasie en France, on peut imaginer que cette dernière s’inspirerait des conditions existantes en Belgique. Ces conditions sont les suivantes :

  • La personne malade doit être majeure
  • La maladie doit être incurable
  • Le patient doit être en phase avancée ou terminale
  • Le patient doit être lucide
  • Le patient doit être confronté à une souffrance physique et/ou psychique constante, insupportable et inapaisable
  • Le patient doit exprimer ses volontés dans une déclaration anticipé
  • Le patient doit formuler sa demande de façon volontaire, réfléchis et répétée
  • La pratique doit être encadrée et réalisée par des professionnels dans un établissement de santé

Rappelons que les personnes interrogées ont réfléchi à ce qu’elles souhaiteraient pour elles-mêmes. La décision pour autrui est toujours plus difficile.

 

Sources :

http://sante-medecine.commentcamarche.net/faq/12466-euthanasie-definition

http://www.lepoint.fr/sante/la-quasi-totalite-des-francais-favorable-a-l-euthanasie-29-10-2014-1876945_40.php

http://www.admd.net/archives/actions/pointdevue-medecin.htm

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/21/chantal-sebire-maitresse-de-sa-mort-comme-de-sa-vie_1025759_3224.html

http://www.20minutes.fr/france/218968-20080313-euthanasie-retour-affaire-relance-polemique

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/07/17/18658-francois-hollande-rouvre-debat-sur-leuthanasie

 

 

4 COMMENTAIRES

  1. N’oublions pas les dérives que cela occasionne dans les pays l’autorisant comme la Belgique ou les Pays-Bas, notamment le fait d’élargir les cas possibles aux mineurs, aux personnes âgées de plus de 70 ans, les personnes considérées comme démentes ou encore les personnes dépressives !

    De plus, bien que cela fasse 3 ans, un sondage d’Opinion Way de 2011 révèle des résultats surprenants : peu de personnes savent qu’il existe une loi limitant l’acharnement thérapeutique (seulement 32% selon un sondage Opinion Way 2011) et selon le même sondage 53% s’estime mal informée sur les soins palliatifs.
    Une autre question avait été posée et laisse d’autant plus perplexe sur les 96% étant pour l’euthanasie :
    ” Imaginez que l’euthanasie soit légale en France et qu’un de vos proches soit gravement malade. Personnellement, préfériez-vous…?”
    63% : Qu’il bénéficie de soins palliatifs de qualité
    36% : Qu’on opère sur lui une euthanasie, c’est-à-dire une injection mortelle
    1% : Ne sait pas

    Un sujet très éthique, complexe et discutable !

  2. En complétant la question par … gravement malade “d’une maladie incurable” je pense que les résultats varieraient ! Mais oui pour le sujet très éthique et discutable!

  3. En France, les dérives sont pour l’instant les suicides des personnes avec des maladies incurables.

    Cependant, comme le dit Philippe, sociologue à l’école des hautes études en sciences sociales, auteur de “A la vie, à la mort”, “Euthanasie” et “le grand malentendu” : “Ce qui s’est passé à l’hôpital de Boulogne-Billancourt doit nous interroger collectivement. Les institutions ne sont pas à la hauteur pour répondre aux angoisses des gens par rapport à la mort, à leur mort, à la mort d’un proche…”.

    En effet comme j’ai pu le dire précédemment les personnes interrogées ont réfléchi à ce qu’elles souhaiteraient pour elles-mêmes. La décision pour autrui est toujours plus difficile.

    Les arguments pour et contre sont bel et bien présents, il est donc vrai que ce sujet est encore très complexe et discutable.

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