Selon une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), le taux de prématurité est de 5,5 % en France métropolitaine. Depuis quelques années, beaucoup d’études ont été effectuées afin de déterminer quelles étaient les conséquences d’être né « grand » prématuré mais les chercheurs ne se sont jamais vraiment intéressés au fait d’être né « petit » prématuré.

Le statut de prématurité est utilisé pour les bébés qui sont nés avant le terme normal de grossesse. La durée normale de grossesse étant de 40 à 41 semaines. Mais, il existe plusieurs degrés de prématurité définis par une recommandation de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Ainsi, tout enfant né avant le terme de 37 semaines révolues d’aménorrhée (absence de règles), soit huit mois de grossesse, est considéré comme un prématuré. On peut parler de « grands » prématurés pour les bébés nés avant 35 semaines de grossesse et dont le poids à la naissance est inférieur à un kilo et de « petits » prématurés pour ceux qui sont nés entre 35 et 38 semaines d’aménorrhée (SA).

Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) montre que la « prématurité tardive » (de 35 SA à 36 SA + 6 jours) ainsi que le « terme précoce » (37 SA à 38 SA + 6 jours) influent négativement sur la santé future des enfants. En effet, dans la période néonatale (de 0 à 27 jours), le taux d’hospitalisation est de 71,5 % pour les nourrissons nés à 35 SA, de près de 37 % pour ceux nés à 36 SA, 15 % pour ceux nés à 37 SA, près de 9 % pour ceux nés à 38 SA, contre à peine plus de 6 % pour ceux nés entre 39 et 41 SA. Le risque est donc à chaque fois significativement plus élevé par rapport au vrai terme de 39 à 41 SA, après ajustement en fonction du sexe et des pathologies de la grossesse. Dans la période postnatale, quand les enfants ont plus d’un mois, le taux d’hospitalisation est également dépendant de la durée de grossesse, plus celle-ci est courte, plus le taux d’hospitalisation des enfants est élevé. L’âge gestationnel influe également sur le taux de décès au cours de la première année de vie. Ce taux reste légèrement plus élevé même à 38 SA par rapport à 39-41 SA.

Naître entre 35 et 38 SA est donc un facteur de risque de mortalité et de morbidité néonatale et infantile chez les enfants. Mais aussi, ceux qui sont nés à 37-38 SA sont plus à risque que ceux nés à 39-41 SA. Cette constatation devrait conduire à la redéfinition de ce qu’est une naissance à terme et à une modification des indications de déclenchement et de césarienne programmée à 37-38 SA.

Sources:

http://www.inserm.fr/thematiques/biologie-cellulaire-developpement-et-evolution/dossiers-d-information/prematurite

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/la-prematurite-meme-legere-a-des-consequences-sur-la-sante-09-12-2014-1888167_57.php

Image:

http://www.kids-health.co.uk/wp-content/uploads/2013/06/premature-baby-1024×832.jpg

 

 

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