Il existe depuis plusieurs années,  une lutte pour  réformer le statut de l’I3P (Infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris) afin de le rapprocher aux règles communes du reste du pays. En effet, le 30 juin 1838, une loi sur les aliénés a été promulguée. Elle précise que « chaque département est tenu d’avoir un établissement public, spécialement destiné à recevoir et soigner les aliénés»*. Et aussi  « les établissements publics consacrés aux aliénés sont placés sous la direction de l’autorité publique »**.

        Or à Paris, l’I3P pose problème car elle dépend de la préfecture de police et donc du ministère de l’intérieur,  contrairement au reste de la France où ce sont les urgences psychiatriques  qui dépendent du ministère de la santé. Souvent traînée en justice, l’I3P a survécu à quelques  modifications mais la problématique reste toujours la même.

Aujourd’hui encore, un homme est resté enfermer sans motif apparent :

        Interpellé par un service d’ordre après avoir crié sous la fenêtre d’un homme d’état important, il sera amené au commissariat du 16e avant de subir un examen du comportement qui  conclura  qu’il « présente des troubles mentaux avec danger imminent pour la sûreté des personnes et/ou elle-même ». Il est ensuite transféré à l’I3P où un médecin certificateur préconise de l’hospitaliser, après 24h d’observation. Pourtant, le certificat ne précise aucune notion de dangerosité et encore moins imminente. L’homme est resté hospitalisé 2 mois alors qu’aucun certificat médical n’a précisé  qu’il était dangereux. Il a finalement été libéré grâce à son avocat qui a pu obtenir une modification de son régime de soins, monsieur X continu d’affirmer qu’il s’agissait d’un pari.

manque d’impartialité objective dû aux liens qui unissent administrativement l’I3P et la préfecture de police

        On peut donc s’interroger sur l’impartialité des médecins, qui enferment des personnes sans véritable preuve des troubles mentaux, car ce cas n’est pas isolé. A plusieurs reprises dans le passé des personnes ont été enfermées à tort. A de nombreuses reprises l’I3P a été accusé d’internement abusif. En 2012, la Mairie de Paris a conclu à un « manque d’impartialité objective dû aux liens qui unissent administrativement l’I3P et la préfecture de police », mais sans changement. Ce nouveau cas vient une fois encore alimenter le débat,  mais cela changera-t-il quelque chose ?

*Art. 1.

**Art. 2.

Sources:

http://www.cnle.gouv.fr/Le-XIXe-siecle-la-loi-de-1838-et-l.html

http://www.lepoint.fr/societe/infirmerie-psychiatrique-de-paris-la-folle-histoire-de-monsieur-x-15-10-2014-1872732_23.php  

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023729044

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