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Gastro-entérite : en avance cette année

Chaque année, des milliers de français sont touchés par la gastro-entérite. En France, on observe généralement un pic de contamination au cours du mois de janvier. Pourtant, selon les experts de l’Insarn (l’Institut de recherche pour la valorisation des données de santé), le seuil épidémique est atteint depuis le mois d’Août et « [l’] incidence de gastro-entérites est anormalement élevée pour cette période de l’année ».

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Contexte et rappel sur la maladie

La gastro-entérite est une infection inflammatoire du système digestif causée dans plus de deux tiers des cas par des virus, notamment le norovirus et le rotavirus (cause en particulier la gastro-entérite infantile). Le premier peut survivre jusqu’à sept jours sur les surfaces inertes. Le second peut, quant à lui, survivre pendant quasiment 2 mois.

L’infection dure en moyenne quelques jours. Le patient peut cependant être contagieux jusqu’à trois jours après la guérison.

Parmi les symptômes de cette infection on peut citer : « fatigue, perte d’appétit, maux de tête, fièvre, frissons, douleurs d’estomac, crampes abdominales, nausées, vomissements, diarrhée. » (INPES)

Comme elle peut entrainer une déshydratation du patient, la gastro-entérite peut avoir de graves conséquences chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes ayant un système immunitaire affaibli par une maladie (Cancer ou VIH par exemple).

La situation actuelle

Selon l’Irsan, au cours de la semaine allant du (jeudi) 13 octobre 2016 au (mercredi) 19 octobre, 246 359 nouveaux cas de gastro-entérite ont été recensés en France. Ce qui équivaut à une augmentation d’environ 13,84 % par rapport à la semaine précédente.

Toujours selon l’Irsan, on est d’ores et déjà en présence d’un pic de contamination car le taux d’incidence est déjà de 353 cas pour 100 000 habitants en France. Ce taux est bien au-dessus du seuil épidémique qui a été fixé à 249 cas pour 100 000 habitants au niveau national à la mi-octobre.

Si on choisit de comparer aux chiffres de l’année dernière : le taux d’incidence ne s’élevait alors, à la même date, qu’à 207 cas pour 100 000 habitants.

Les données du Réseau sentinelles nous indiquent que le taux d’incidence des cas de diarrhée aiguë est d’environ 155 cas pour 100 000 habitants et qu’il est légèrement au-dessus du seuil épidémique qui est de 154 cas pour 100 000 habitants

Une explication ?

La précocité de plus de 3 mois du pic de la gastro-entérite par rapport aux autres années pourrait être expliquée par la rentrée scolaire en septembre. En effet, selon Laurent Toubiana qui est épidémiologiste et directeur de l’Irsan : « La promiscuité des salles de classe a pu favoriser la propagation de l’épidémie ; les vacances permettront de le vérifier, si les consultations diminuent ».

Chez les médecins généralistes on a d’ailleurs pu s’apercevoir que les hausses de consultations pour cas de gastro-entérite n’ont pas la même ampleur chez les enfants (moins de 15 ans) que chez les adultes (de 15 à 74 ans). Les premiers étant plus touchés que les seconds.

Il faut noter que les régions les plus touchées sont en premier l’Île-de-France et la nouvelle région Grand Est.

Prévention : les gestes à adopter

Comme le précise le docteur Thanh Le Luong, directrice de l’INPES : « Le lavage des mains est le geste indispensable à adopter cet hiver puisque c’est par les mains que se propagent la majeure partie des maladies infectieuses. Il faut donc se laver les mains régulièrement, et notamment à certains moments considérés comme ‘‘essentiels’’ : avant de préparer les repas, de manger ou de nourrir les enfants ; après s’être mouché, avoir toussé ou éternué ; lors de chaque sortie et en rentrant au domicile ; après avoir été en contact avec une personne malade. ». S’il n’y a pas d’eau ni de savon à disposition, des solutions hydro-alcooliques peuvent également être utilisées.

Dans le but de ne pas propager le virus, il est de bon sens de ne pas boire dans le même verre qu’une personne malade. Limiter également les contacts directs car, même sans symptôme, chacun peut être contagieux.

La gastro-entérite étant causée dans plus de deux tiers des cas par un virus, elle ne se soigne pas avec des antibiotiques. Le « principal traitement » est donc de boire de l’eau avec un peu de sucre pour se réhydrater.

Les gestes simples, cités ci-dessus, sont très importants, car en prévenant au mieux les maladies d’hiver, on limite leur coût sur l’économie.

Maxime et Yseulys

Sources :

– INPES. Virus de l’hiver :  des mains régulièrement lavées, un hiver en bonne santé. inpes.santepubliquefrance.fr

Le Monde. Mathilde Damgé. La gastro-entérite revient avec trois mois d’avance. lemonde.fr

– France Bleu. Thibaut Lehut. CARTE – La gastro-entérite est en avance, découvrez les zones les plus touchées. francebleu.fr

Notes :

Réseau sentinelles : réseau qui fonctionne à partir des déclarations d’environ 400 médecins généralistes.

Seuil épidémique :  le seuil épidémique se définit comme l’incidence d’une maladie à partir de laquelle il peut être considéré qu’une épidémie est en cours, l’incidence étant le nombre de nouveaux cas sur une période. (Définition | Seuil épidémique | Futura Santé)

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