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    Un embryon hybride pour la greffe d’organe

    Des chercheurs de l'université de San Diego ont créé ce 26 janvier 2017 un embryon à la fois homme et cochon dans le but de diminuer la liste des attentes de greffe d'organe.

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    En France en 2015, moins de 3 personnes sur 10 inscrites sur liste d’attente ont reçu une greffe d’organe. C’est une augmentation de 7% vis-à-vis de l’année précédente. Malgré tout, cela reste très insuffisant car le nombre de personnes en attente d’une greffe ne cesse de croitre.

    Les différents types de greffes et les problèmes associés

    Il existe plusieurs types de greffe:

    • L’autogreffe consiste à prélever une partie du corps du patient et de l’utiliser comme greffon. C’est à dire que c’est cette partie qui sera utilisée pour la greffe. On peut donner l’exemple des grands brûlés dont on prélève la peau à un endroit non touché par les brûlures pour la greffer sur les zones brûlées.
    • L’isogreffe est une greffe d’un individu possédant les mêmes caractéristiques géniques, c’est à dire de vrais jumeaux (dit jumeaux homozygotes). Elle repose donc sur le même principe que l’autogreffe.
    • L’allogreffe est surement l’une des plus utilisée et la plus connue. Dans ce cas le greffon provient d’une autre personne. Cela pose un risque de rejet dû à des caractéristiques génétiques différentes. Pour éviter ce problème, les greffés doivent prendre des immunosuppresseurs empêchant l’organisme de “se battre” contre le greffon.
    • La xénogreffe est très particulière. C’est une greffe d’un organe d’une autre espèce animale. En général les espèces choisies sont le singe ou le porc. L’un est le plus proche génétiquement parlant et l’autre possède des organes, pour la plupart, quasi-identiques, notamment en taille.

    En dehors des soucis de rejet, la greffe d’organes vitaux ou uniques dans l’organisme pose un problème supplémentaire : l’origine. Contrairement aux reins, où l’un des deux est suffisant pour survivre, le cœur, par exemple, nécessite d’être récupérer sur un individu décédé. Cet individu ne doit pas être sur la liste des personnes qui ne veulent pas donner leurs organes et ses organes doivent être récupérer à temps et en bon état. Toutes ces conditions rendent le nombre de greffe limité vis-à-vis du nombre important de personnes sur liste d’attente.

    L’objectif de la chimère

    Comme il a été vu précédemment, le besoin d’organes pour la greffe est important. Pour palier à ce problème, des scientifiques du Salk Institut ont cherché à créer un organisme dont le code génétique contiendrait une partie humaine, fournissant une composition génétique humaine suffisante pour limiter le rejet de greffe, et une partie cochon, ce dernier pouvant fournir des organes suffisamment proche des nôtres dans un délai très court (9 mois pour être exact).

    Simple porcelet
    Simple porcelet

    L’obtention des hybrides

    La manipulation a consisté à retirer un fragment d’ADN permettant de créer un organe, le pancréas par exemple, d’un embryon de cochon âgé d’un jour. Ensuite, des cellules souches humaines ont été implantées dans l’embryon, elles devraient ainsi être les seules à agir sur la formation du pancréas. Enfin, l’embryon a été réimplanté dans une truie. Au bout de 28 jours, l’hybride, devenu fœtus, est examiné.

    Les résultats obtenus

    Sur tout les embryons implantés (20 000), seuls 10% sont arrivés au bout des 28 jours de gestation. Ces embryons possédaient en moyenne 1 cellule humaine sur 100 000, réparties inégalement dans l’organisme. Ces cellules étaient majoritairement présentes dans le coeur (10% de l’organe était humain), les reins et le foie (1% ou moins de chaque organe).

    Les problèmes survenus

    Comme souvent, la manipulation génétique entraîne beaucoup de questions. Dans le cas présent la question principale est la suivante : y a-t-il un risque de créer des cochons avec une intelligence humaine? Car, en effet, des précurseurs de neurones humains ont été créés par les embryons. C’est une des principales raisons pour laquelle les gestations ont été arrêtées à 28 jours et que le terme n’a pas été attendu. Pour le moment il n’y a que très peu de cellules qui sont concernées, mais un des auteurs de l’étude, Pablo Ross, avoue ne pas savoir à quel point la proportion de cellules concernées peut augmenter.

    En conclusion

    Cette découverte pose de grandes questions éthiques mais est, pour les personnes en attente d’une greffe d’organe, une incroyable avancée.

    L’utilisation de ces chimères pourraient s’élargir aux tests précliniques du développement de certains médicaments, augmentant ainsi la sécurité des tests cliniques.

     

    Fanny


    Sources :

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