Des chercheurs américains travaillant sur le cancer trouvent l’inspiration chez un animal surprenant : l’éléphant. 

L’éléphant est généralement réputé pour son intelligence et sa sociabilité. Il sera désormais également populaire pour sa capacité à lutter efficacement contre le cancer.

Une récente étude publiée en Octobre 2015 dans  « The Journal of the Americain Medical Association »  (JAMA) décrit les mécanismes très efficaces des éléphants pour combattre l’apparition de cancers causés par la réplication incontrôlée de cellules mutées au cours des divisions cellulaires.

Le taux de Mortalité par cancer est d’environ 5% chez l’elephant alors qu’il est de 11 a 25% chez l’Homme

Le paradoxe de Peto

Normalement, plus un être vivant est grand et plus il vit longtemps et plus il risque de développer un cancer. En effet, les grands animaux ont plus de cellules que les petits animaux. Egalement, plus un animal vit longtemps et plus ses cellules se divisent pour assurer ce renouvellement.

Cependant dans la nature la logique n’est pas forcément de mise. Il a été vérifié que chez les mammifères, la mortalité due au cancer n’augmente pas avec l’espérance de vie ou la taille. C’est ce que les scientifique ont nommé en 1975 « Le paradoxe de Peto« . C’est Richard Peto, professeur de statistique médicale et d’épidémiologie à l’université d’Oxford, qui s’en étonna le premier.

Le « Paradoxe de Peto » serait expliqué par l’hypothèse que les gros mammifères auraient développé des stratégies leur permettant d’empêcher la survenue du cancer.

TP 53 : un gène hautement efficace

Le secret des éléphants est un gène nommé TP53. Ce gène* génère la création de protéines qui ont pour objectif de « surveiller » les divisions cellulaires afin de prévenir les erreurs de codage de l’ADN. Lorsque l’ADN d’une cellule est endommagé, la protéine générée par le gène TP53 rentre en action. Elle a pour rôle de réparer les dégâts, de bloquer la division cellulaire ou de provoquer l’apoptose, c’est-à-dire la mort cellulaire par autodestruction.

A partir d’analyses de sang prélevé sur des éléphants d’Afrique et d’Asie, les chercheurs ont constaté que les éléphants ont 20 copies du gène TP 53 dans leur génome, là où les humains et les autres animaux n’en ont qu’une. Pour en savoir plus sur les chromosomes, les gènes et les allèles: gènes et allèles 

Les scientifiques ont ensuite exposé les cellules d’éléphants à des éléments nocifs tels que des radiations UV ou des produits chimiques cancérigènes afin de regarder si les cellules mutaient. Ils ont conclu que les cellules se sont simplement détruites. Cela signifie que chez l’éléphant, pour se protéger, les cellules s’autodétruisent systématiquement, au lieu d’essayer de réparer les dégâts sur l’ADN. Elles ne laissent ainsi aucune chance à la tumeur naissante de bourgeonner. Il reste à déterminer comment les éléphants utilisent leur vingtaine de gènes de TP53.

Approfondir l’étude

« La nature a déjà compris comment prévenir le cancer. À nous d’apprendre comment les différents animaux parviennent à résoudre le problème, afin que nous puissions adapter ces stratégies pour prévenir le cancer chez l’homme« , conclut le Dr Schiffman.

Si les chercheurs arrivent à généraliser ces conclusions sur de plus importantes populations d’animaux, ils pourraient présenter une approche évolutive aidant à la compréhension des mécanismes de suppression du cancer. D’autre part, l’hypothèse que le TP53 ne peut pas être la seule explication à cette prouesse reste encore à vérifier.


Sources:

Sciences et Avenir

Les Echos

JAMA

Richard Peto

Image :

Wikipedia

Articles consultés le 30/10/2015


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