Le constant est accablant. Il atteste de la pénurie de médecins généralistes, pénurie qui s’accentue de plus en plus depuis 2007. Faute de médecins, l’accès aux soins dans certaines régions devient de plus en plus problématique.

Définition du désert médical

Les déserts médicaux désignent des zones du territoire dont la concentration de professionnels et d’établissements de santé est insuffisante par rapport aux besoins et à la réalité démographique du territoire, ou tout du moins inférieure à la moyenne du pays. Globalement, la France ne manque pas de médecins, avec 334 médecins pour 100 000 habitants. Nous sommes donc largement au-dessus du seuil critique établi à 250 médecins pour 100 000 habitants ! Pourtant, la France compte de nombreux déserts médicaux, car les praticiens sont en fait mal répartis sur le territoire. Le ministère de la Santé considère qu’un territoire est un désert médical quand la densité de médecins par rapport à la population est de 30 % inférieure à la moyenne nationale. Dans son enquête, l’UFC a retenu un seuil plus souple et n’a compté parmi les déserts médicaux que les territoires dont la densité est de 60 % inférieure à la moyenne nationale. Les territoires dont la densité médicale est entre 30 % et 60 % inférieure à la moyenne nationale, appartiennent à la catégorie « accès difficile aux médecins ».  3,1 millions de Français vivent dans un désert médical en ce qui concerne les généralistes (5% de la population). En revanche, la situation est plus préoccupante pour les spécialistes puisque pour les pédiatres, les gynécologues ou les ophtalmologistes, on compte respectivement 19%, 14% et 13% de la population dans un désert médical.

Où se situent les déserts médicaux français ?

Au 1er janvier 2017, l’Ordre national des médecins en recensait 290.974 sur le territoire. Parmi eux, 215.941 étaient en activité totale (médecins en activité régulière ou remplaçants ou temporairement sans activité). Les médecins inscrits en activité régulière au tableau de l’Ordre sont âgés en moyenne de 51,2 ans. Ceux âgés de 60 ans et plus représentent 28% des effectifs, les moins de 40 ans 20% des effectifs. Ces 10 dernières années, le nombre de médecins généralistes libéraux en activité régulière a baissé de 9,1 % en France. 

La tendance n’est pas l’apanage des territoires ruraux. Elle affecte 93 départements sur les 101 que compte la France. Et Paris est le 2e département à enregistrer la plus forte baisse (– 25 %) du nombre de médecins généralistes en activité. Sur les 18 régions françaises, seuls les Pays de la Loire et l’Outre-mer enregistrent une hausse du nombre de médecins généralistes. Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants si on les compare à ceux de l’évolution de la population.

En effet, dans 45 départements, alors que le nombre de généralistes est en baisse, la population générale est, elle, en augmentation. La baisse du nombre de médecins généralistes pose bien sûr la question de l’accessibilité aux soins, enjeu majeur de santé publique. Ainsi, en moyenne en 2015, les Français devaient parcourir 5,1 km pour consulter un médecin généraliste contre 4,3 km en 2005. Et c’est beaucoup plus pour certaines communes de Corse et de Mayotte. En 2012, les Agences régionales de santé (ARS) avaient défini et recensé ces « zones déficitaires », et mis en place des aides à l’installation pour les médecins généralistes.

Déserts médicaux : le plan du gouvernement

Pas question de toucher à la liberté d’installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux. Edouard Philippe, le Premier ministre, privilégie d’autres solutions pour inciter les médecins à s’installer dans les zones manquant de professionnels de santé. 

 Multiplication des maisons de santé pluriprofessionnelles

Ces structures où les professionnels de santé travaillent en équipe sont aujourd’hui au nombre de 910 (contre 20 en 2008). Le gouvernement va investir 400 millions d’euros pour construire 1 000 maisons et centres de santés supplémentaires d’ici 5 ans.

Développement de la télémédecine

Le gouvernement en souhaite le développement pour multiplier le nombre de consultations à distance. Un matériel de téléconsultation sera également mis en place dans tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) d’ici 2020 pour éviter des hospitalisations inutiles.

 Permettre des postes partagés

Le gouvernement annonce la création dès 2018, de 300 postes de médecins partagés à la fois à l’hôpital et dans un cabinet médical situé dans les territoires en déficit d’offres de soins.

 Extension des aides à l’installation

Le gouvernement va proposer des aides financières portées à 200 millions d’euros aux praticiens qui s’installent en zones sous dotées et doubler le nombre de territoires concernés par ces incitations financières.

Augmentation du nombre de stages en médecine libérale

Davantage de stages seront proposés dans les cabinets libéraux (+500 en médecine générale et spécialisée) pour attirer les jeunes médecins vers ce type d’exercice. Le gouvernement préconise aussi des aides au logement ou pour les transports. De plus, l’indemnité des maîtres de stage sera revalorisée de 300 euros dans les zones situées dans les déserts médicaux.

 De nouvelles missions pour le personnel infirmier

Le gouvernement souhaite par ailleurs élargir les compétences des infirmiers pour leur attribuer de nouvelles missions. 

Faciliter le cumul emploi-retraite des médecins libéraux

Un quart (26 %) des 70 257 médecins retraités inscrits au tableau de l’ordre, soit 18 267 praticiens, exercent toujours et bénéficient du cumul emploi-retraite. Un phénomène qui a permis d’amortir l’absence de nouvelles installations dans certains secteurs. Alors qu’ils pourraient être 35 000 en 2025, le gouvernement annonce un assouplissement des conditions financières permettant ce cumul dans les zones en sous-densité.

Un guichet administratif unique pour les médecins

Les médecins pourront s’adresser à un guichet administratif unique qui les informeront, les aideront et les accompagneront dans leurs démarches afin d’alléger leurs charges administratives.

Généralisation du Dossier Médical Personnel (DMP) en 2018

Le Dossier Médical Personnel (DMP) est un dossier médical informatisé, accessible via Internet. Il permet aux professionnels de santé qui prennent en charge le patient de partager les informations de santé utiles à la coordination des soins du patient.

sources :

https://www.quechoisir.org/billet-du-president-plan-de-lutte-contre-les-deserts-medicaux-une-ordonnance-pour-soulager-mais-pas-guerir-n47584/

https://www.quechoisir.org/carte-interactive-fracture-sanitaire-n21245/

https://www.conseil-national.medecin.fr/node/2365

https://www.essentiel-sante-magazine.fr/sante/droits-et-patients/deserts-medicaux-francais

http://www.gouvernement.fr/action/la-lutte-contre-les-deserts-medicaux

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/le-gouvernement-devoile-son-plan-de-lutte-sur-les-deserts-medicaux-1507736668

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10872

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