Accueil Santé publique Compléments alimentaires : un engouement qui n’est pas sans danger

Compléments alimentaires : un engouement qui n’est pas sans danger

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Selon le Décret n°2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires, ceux-ci sont définis comme : «  des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés … ».

Ces produits viennent donc compléter le régime alimentaire, mais ne s’y substituent en aucun cas.

Un marché en pleine expansion

Selon le syndicat national des compléments alimentaires (Synadiet), le marché des compléments alimentaires a connu une croissance de 3,9% en 2015, soit 1,54 milliard d’euros avec un total de 80 millions de boîtes vendues dans notre pays.

Ainsi, de plus en plus de français se laissent séduire par ces nombreux produits contenant vitamines, minéraux, oligo-éléments … et permettant par exemples de lutter contre la fatigue ou la perte du capital osseux, ou encore favorisant la croissance des enfants ou le sommeil … A chacun donc son complément alimentaire et sa part de rêve.

En vente libre, mais un cadre législatif

Les compléments alimentaires sont en vente libre, mais leur commercialisation est soumise  au respect de directives européennes. Si leur mise en vente ne nécessite pas une autorisation de mise sur le marché (AMM), la directive européenne déclinée en droit français précise la liste de substances autorisées dans ces compléments alimentaires et leur commercialisation est placée sous le responsabilité de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) qui veille donc à ce qu’aucun de ces compléments ne contiennent de substances autres que celles autorisées comme les vitamines,  minéraux, plantes ou substances non pharmacologiques. Si certains composants sont interdits en France, car jugés dangereux pour la santé, la DGCCRF peut alors les faire retirer du marché.

De son côté, l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) doit valider tout message vantant les allégations santé des compléments alimentaires.

Un dispositif Nutrivigilance et des remontées inquiétantes

Aussi, afin de mieux sécuriser ce marché, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a mis en place en 2009, le dispositif Nutrivigilance. Ce dispositif permet aux professionnels de santé de faire remonter les effets indésirables de ces compléments alimentaires et au final d’assurer la sécurité des consommateurs.

Dans son rapport rendu en novembre 2014, le dispositif Nutrivigilance fait état de 280 déclarations d’effets délétères aigus (allergie, intolérance, interaction médicamenteuse …), et dans lesquelles un complément alimentaire peut être mis en cause de manière très probable. Ainsi, l’Anses tire à boulet rouge sur certains compléments à base de levure de riz rouge, ou à base de citrus car ils présentent des dangers comme des atteintes neurologiques, hépatiques, risques  cardio-vasculaires …

Oui mais …

Il suffit de surfer sur Internet pour trouver des centaines de sites vantant et vendant des compléments alimentaires et il y a fort à parier que certains d’entre eux contiennent des substances dangereuses et non autorisées en France.

Il y va donc de la responsabilité de chaque consommateur, qui doit faire la part des choses entre rêve et réalité.

Le meilleur moyen de conserver son capital santé n’est-il pas de suivre de simples conseils de bon sens en matière de nutrition et d’activité physique ?

Gwenvael


 

Sources :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000638341

http://www.actidiet.fr/m-241-les-complements-alimentaires-un-marche-en-croissance.html

https://www.anses.fr/fr/content/dispositif-national-de-nutrivigilance

http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/s%C3%A9curit%C3%A9/produits-alimentaires/complements-alimentaires

L’infirmière magazine – Hors-série – Novembre 2016

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