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La chirurgie : de grandes inégalités

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Pour une opération chirurgicale comme une césarienne, une pose de prothèse de genou, une ablation des amygdales… Les Français reçoivent-ils la même qualité de soins où qu’ils soient en France ?

Après avoir exploité toutes les données disponibles sur les séjours hospitaliers et le nombre d’interventions chirurgicales, les auteurs du rapport mettent en effet en évidence de grandes disparités de recours pour une dizaine d’interventions (1).

Avec 152 679 césariennes en 2014, ce geste chirurgical est le plus pratiqué en France en 2014. « En France, près d’une femme sur cinq donne naissance par césarienne. Dans moins de la moitié des cas, la césarienne est programmée », indique l’Atlas des pratiques médicales du ministère de la Santé.

La Guyane, les Alpes de Haute-Provence, la Lozère et la Haute-Corse enregistrent plus de 23 césariennes pour 100 naissances, tandis que l’Yonne, le Loir-et-Cher, le Doubs, la Guadeloupe, le Jura et la Haute-Saône en pratiquent moins de 15 pour 100 naissances.

De fortes disparités inexpliquées

La chirurgie de la fracture de la hanche, dont ont bénéficié près de 75 000 personnes en 2014, est 3 fois plus pratiquée en Haute-Corse qu’en Guadeloupe (49 pour 100 000 habitants en Guadeloupe contre 154 en Haute-Corse). Ces inégalités s’expliquent en partie par les différences locales d’organisation des soins.

De grandes disparités persistent également pour les appendicectomies. Depuis les années 1980, cette intervention occupe beaucoup moins les chirurgiens. En 2014, 77 292 personnes se sont fait opérer, alors qu’elles étaient plus de 300 000 30 ans auparavant. Mais malgré ces changements de pratique, des taux de variation de 1 à 4 perdurent avec, par exemple, 41 séjours pour pour 100 000 habitants en Martinique contre 169 pour 100 000 habitants dans la Nièvre.

 

La chirurgie bariatrique inégalement pratiquée

La chirurgie bariatrique est un type de chirurgie consistant à restreindre l’absorption des aliments, diminuant, de fait, l’apport calorique journalier.

Les plus grandes inégalités en France recensées dans cet Atlas concernent la chirurgie bariatrique. Cette intervention lourde est aujourd’hui une activité en plein essor ; elle a presque doublé entre 2010 et 2014, passant de 26 405 à plus de 46 800 séjours.

Mais cette chirurgie se développe de façon inégale sur le territoire. En 2014, l’Yonne et l’Aube ont pratiqué 140 opérations pour 100 000 habitants alors que la Guyane en a réalisé 8. Le taux moyen national est de 72 pour 100 000 habitants.

«Les différences ne s’expliquent pas par la prévalence de l’obésité, puisque les zones géographiques où cette chirurgie est la plus souvent réalisée ne correspondent pas aux zones où l’obésité est la plus fréquente », soulignent les auteurs de l’Atlas.

(1) Amygdalectomie, appendicectomie, césarienne, chirurgie bariatrique ou de l’obésité, chirurgie de la tumeur bénigne de la prostate, chirurgie du syndrome du canal carpien, ablation de la vésicule biliaire, ablation de l’utérus, pose d’une prothèse de genou, ablation de la thyroïde, chirurgie de la fracture de hanche.

 

Stéphane, Thomas

http://www.pourquoidocteur.fr

http://www.irdes.fr/recherche/ouvrages/002-atlas-des-variations-de-pratiques-medicales-recours-a-dix-interventions-chirurgicales.pdf

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