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    Guyane : Contamination des populations au plomb et au mercure

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    Deux nouvelles études épidémiologiques rendues publiques en Guyane, à Cayenne précisément, montrent une contamination au plomb chez l’ensemble de la population guyanaise et au mercure dans plusieurs villages amérindiens.

    Etude sur le plomb

    Cette étude, aussi appelée « Guyaplomb » a été réalisée sur 600 jeunes guyanais de moins de 6 ans entre 2015 et 2017 par une équipe de scientifiques. Lors de la présentation de cette étude au public au courant du mois de janvier 2018, Audrey Andrieu de la cellule interrégionale d’épidémiologie indiquait avoir une suspicion sur « une imprégnation élevée au plomb en Guyane ».

    La contamination a donc été confirmée au vu des résultats.
    Avec 22,8 µg/l (microgrammes de plomb par litre de sang) en moyenne, la Guyane est bien au-delà de la moyenne nationale (15 µg/l).

    Les cas de saturnisme (maladie correspondant à une intoxication par le plomb, nom qui fait référence à la planète Saturne qui est le symbole du plomb en alchimie) sont notamment présents chez les garçons et les enfants sous CMU (Couverture Maladie Universelle) et sur le littoral guyanais mais pas que, car à Camopi, village amérindien frontalier au Brésil, les concentrations sont très élevées. Sur les 20 enfants de l’enquête, 16 d’entre eux présentent une plombémie supérieure à 50 µg/l.

    Avec cette contamination, les enfants peuvent ressentir des effets neurologiques, rénaux et hématologiques. Les causes de cette contamination sont toujours en cours d’étude mais les premiers indices penchent sur une cause alimentaire.

    Etude sur le mercure

    L’étude épidémiologique sur le mercure confirme une surimprégnation chez les autochtones. Le docteur Rémy Pignoux était en charge de cette étude de 2012 à 2017. Elle montre que sur les 300 femmes enceintes et enfants suivis, « 87 % d’entre elles présentent un risque au niveau fœtal » qui peuvent provoquer des malformations et « plus de 40 % des enfants sont contaminés à plus de 5 µg/l ».

    Cependant, cette contamination au mercure a diminué depuis les années 90 mais reste significative. Le docteur Rémy Pignoux présente cette baisse par la responsabilité prise par les femmes au niveau alimentaire, c’est-à-dire en évitant les poissons contaminés du fleuve par le mercure à cause de l’orpaillage clandestin. Cela reste, malgré tout difficile d’éviter de manger du poisson car c’est l’aliment principal de ces populations.

    Sources

    Francetvinfo

    Europe1

    Ouest-France

     

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